Pierre Palmade: une longue descente aux enfers

Pierre Palmade: une longue descente aux enfers



Notre invité ce matin, c'est vous, Benjamin Locauge. Bonjour. Bonjour. Vous êtes rédacteur en chef culture à Paris Match et on va évidemment parler de la descente aux enfers de Pierre Palmaud. On va d'abord rappeler les faits à Naïs. Pierre Palmaud, contrevisé sous l'emprise de la cocaïne, vendredi, près de son domicile, en Seine et Marne, sa voiture s'est encastrée dans un deuxième véhicule avec une famille et à bord, percutée ensuite par un troisième automobiliste. 4 personnes, l'humoriste et 3 passagers de la deuxième voiture ont été gravement blessées parmi elle, une femme enceinte de 7 mois qui a donc perdu son bébé.

D'après un cousin de la famille, elle est toujours dans le coma, comme son beau frère et son fils âgé de 6 ans. Le pronostic vital de Pierre Palmaud, lui, n'est plus engagé. Voilà pour les faits. On rappelle que deux hommes qui étaient à bord de la voiture de Pierre Palmaud sont toujours recherchés. Mais Benjamin Locauge, quel est le contexte autour de cet accident? On nous parle pudiquement d'une fête qui avait lieu chez Pierre Palmaud. Oui, on sait depuis assez longtemps que Pierre Palmaud consomme beaucoup de drogues et qu'il a besoin de longues périodes de wifi et l'abraigne avec ses potes, où en gros, l'objectif c'est de baiser et de se défoncer. Et donc a priori cet accident a eu lieu dans une période de débauche, on va le dire comme ça.

Mais comme vous le dites, ça fait en fait des années que les problèmes de drogue de Pierre Palmaud sont connus, il en parle lui-même régulièrement. Il est condamné, on a retrouvé ça dès 1995 pour usage de cocaïne, il y a quasiment 30 ans. En fait, toute sa carrière est jalonné par des affaires de consommation de drogue. Sa carrière ne tient que parce qu'il a pris de la drogue. En fait, si on essaye de vaguement l'excuser parce qu'il est une excusable, quand il arrive à Paris, qu'il a 18 ans et qu'il a 18-20 ans, il est encore un jeune et beau garçon qui sait qu'il est homosexuel mais qu'il n'a jamais réussi à assumer ça. Et c'est en rencontrant la faune de l'un des amis dans les barres du Marais qui va commencer à consommer de la coque et donc pouvoir assumer son homosexualité, pouvoir enfin rencontrer des hommes. Et puis progressivement, la descente aux enfers ne va jamais s'arrêter.

Il s'était confié sur son addiction à la drogue, il s'était fait suivre aussi? Alors il s'était confié, oui. Il en a même fait un livre en 2019 qui l'avait dédié à son père pour justement tenter d'excuser l'inexcusable. Mais il a toujours voulu s'en sortir. Il a fait des cures, il en a fait au moins deux. Mais à chaque fois, les cures soient y partir avant la fin, soient y replonger au premier incident. Et puis est-ce qu'il a été aidé? Parce qu'on nous dit souvent le showbiz, c'est une grande famille, tout le monde s'aime, tout le monde se soutient. Est-ce qu'il était isolé? Il était parti à vivre en Seine-et-Marne justement, à priori, pour s'éloigner un peu de la fête parisienne.

Est-ce qu'on sait s'il était soutenu, s'il avait des proches? Vous avez l'impression qu'il y a beaucoup de gens qui parlent pour lui ces derniers jours? Non, c'est vrai. Donc s'il était soutenu, s'il avait des gens qui étaient derrière lui, ces gens se seraient précipités sur les plateaux pour dire « oh là là, le pot ». Personne n'a vraiment cherché à excuser ce qui s'est passé et personne ne cherchera à le faire. Quand on vous écoute, Jean-Marle Coche, on a l'impression que cet accident, malheureusement, presque on le voyait venir. Jusqu'alors, en fait, il se faisait du mal à lui-même et c'est vrai que ça restait dans ce petit milieu parisien où voilà, c'était « oh là là, Pierre, il a encore fait n'importe quoi ». À partir du moment où il a détruit la vie d'une famille, ça devient public et ça devient inadmissible. Parce que en fait, c'était su par tout le milieu parisien, comme vous dites? C'était su parce que Pierre.

Il en parlait lui-même publiquement. Il en parlait, il l'a metté dans ses sketchs. C'était quelque chose que lui-même trouvait finalement un peu drôle, puisqu'il faisait rire face à ça. Oui, mais comme vous le dites, il ne faisait à l'époque du mal qu'à lui-même jusqu'à ce dramatique accident. J'aimerais quand même revenir sur sa carrière, parce que vous nous dites toute sa carrière, parce que dès qu'il est arrivé à Paris, donc au début des années 90, en fait, c'est là qu'il rencontre quasi immédiatement la drogue, mais comment on fait comme ça 30 ans de carrière? Parce que là, on parle que de son addiction, mais il y a quand même 30 ans de scènes, de spectacles, etc. Il a beaucoup travaillé aussi, Pierre Palma, malgré cette addiction. Ça ne l'a pas empêché de faire carrière? Non, parce qu'il a toujours été accepté, entendu que Pierre n'était pas à l'heure, que Pierre était en retard, que Pierre n'était pas bien, que Pierre ne pouvait pas faire les interviews, que Pierre devait annuler une date parce qu'il était vraiment ailleurs.

Michel Larroque avait raconté il y a quelques années, il avait formé un très beau duo sur scène, que combien de fois elle l'a vu arriver sur scène complètement défoncée, que ça la rendait très triste, et que une fois que le rideau se leveille, il arrivait à faire semblant. Mais voilà, tout ça, c'était des choses dont il avait lui-même parlé. Et c'est vrai que après, le résultat était là, sur scène il était très fort, son dernier spectacle était très drôle, ses émissions de télé ont plutôt bien marché, la fine équipe, le grand restaurant, c'est des choses dont on a tous plutôt bien aimé. Voilà, donc professionnellement, c'est quelqu'un d'extrêmement exigeant, qui sait divinement écrire. Justement, vous parlez de ces proches, notamment de Michel Larroque. Est-ce qu'il y a des personnalités qui l'ont aidé plus que les autres, qui l'ont subnu? L'Oriel Robin qui a été comme une mère de substitution, c'est elle qui l'a aidé à écrire, c'est elle qui l'a aidé, et puis enfin, c'est un. Il forme tous les deux un duo d'écriture des opilants, il va cesser la campes chez elle, il est.

Voilà. Il y a eu la première rencontre fondamentale, c'est Sylvie Jolie, et c'est Sylvie Jolie qui lui permet d'approcher Muriel. Mais comme vous le dites, Jean-Marlo Coche, il a voulu, comment dire, s'éloigner de la fête parisienne et de la drogue en allant s'installer en Seine et Marde, mais il s'est aussi isolé tout simplement. Oui, il est parti en 2017 en fait, et ces deux années-là, enfin, 2017-2019, ça va plutôt mieux puisque c'est le moment où il se met à écrire ce livre pour dire que c'est terminé, quand le confinement arrivera en 2020, il va vite faire repanger, évidemment.



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